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88% des universités sont autonomes : Un premier pas vers la refondation du système de l’Enseignement supérieur au profit des intérêts privés

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88 universites autonomes
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Depuis le 1er janvier 2011, 73 des 83 universités, soit 88 % d’entre elles, sont passées à l’autonomie, suite à l’application de la Loi relative aux libertés et aux responsabilités des universités (LRU). Il s’agit donc d’une nouvelle vague de 22 universités, dont la masse salariale transférée s’élève à près de 7 milliards d’€ et représentera près de 124.000 emplois. Elle fait suite aux 51 devenues autonomes depuis le 1er janvier 2009.
Les sites concernés sont Amiens, Arras, Bordeaux 3, Bordeaux 4, Chambéry, Caen, Évry, Grenoble 2, Le Havre, Le Mans, Lille 1, Nancy 2, Nîmes, Nouvelle-Calédonie, Orléans, Reims, Paris 1, Paris 3, Paris 4, Paris 9, Toulouse 2.
S’ajoutent à celles-ci l’ENS de Cachan, l’école d’ingénieurs de Bourges, de Chimie de Montpellier, les Écoles centrales de Nantes et de Paris, l’École nationale d’ingénieurs de Tarbes, l’Institut national des sciences appliquées de Rouen ainsi que Chimie Paris Tech.
 

Le passage aux responsabilités et aux compétences élargies (RCE) impliquées par la LRU suppose leur propre gestion des ressources humaines leur permettant une souveraineté en termes de politique salariale (choix de la titularisation des contractuels, primes aux personnels, recrutement de chercheurs étrangers...), la gestion de leur budget global (leur marge de manœuvre ne jouait que sur 25 % de leur budget auparavant) et de leur activité immobilière.
Néanmoins, les nouvelles compétences vantées par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche revêt d’un caractère plus déplaisant pour les présidents des universités, quant à l’application de celles-ci. En effet, sans moyens supplémentaires et adéquats, impossible selon la plupart d’entre eux de garantir le bon fonctionnement de leur établissement.
Le passage aux responsabilités et compétences élargies signifie, de surcroît, moins de pouvoirs pour le Conseil des Études et de la Vie Universitaire, dévolu à un simple rôle de consultation. Quant au Conseil d’Administration, il prend une place prépondérante dans l’université, mais dans lequel les étudiant-e-s sont moins représentés, 5 sièges leur sont attribués, contre 7 auparavant.
 

Par ailleurs, le chantier de la LRU a été largement ré ouvert par la loi Adnot de décembre 2010, accentuant ainsi les côtés néfastes de la réforme.
Elle concerne l’attribution d’une plus grande marge de manœuvre aux présidents, dont les pouvoirs étaient déjà élargis dans les premiers textes de la LRU, le renforcement des relations avec le monde de l’entreprise, dans le déni de la collégialité et de la volonté de la communauté universitaire. Elle concerne en outre le renforcement du découpage de la carte universitaire avec la permission pour les PRES de délivrer des diplômes de masters et doctorats. Elle permet, pour finir, la dissolution des EPST (Établissement Public à caractère Scientifique et Technologique) et des EPIC (Établissement Public à caractère Industriel et Commercial) dans les universités.
La loi LRU, mise en œuvre dans l’urgence en août 2007, n’est désormais plus suffisamment contraignante pour le gouvernement, et a vocation à être largement dépassée par de nouvelles lois, et par la création de nouvelles structures d’autant plus néfastes et d’autant moins contrôlables par la communauté universitaire et par les étudiant-e-s. La responsabilité de gestion par les universités elles mêmes n’est en fait que poudre aux yeux, et signifie un désengagement progressif de l’État au profit des Partenariats Publics/Privés dont les beaux jours sont assurés dans le cadre du programme « Investissements d’avenir », lui-même vecteur de changements profonds dans l’Enseignement supérieur et la Recherche.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 5 janvier 2011


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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