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AFIJ : les problèmes d’accès au travail des jeunes sont ceux des salarié-e-s !

AFIJ : les problèmes d’accès au travail des jeunes sont ceux des salarié-e-s !

L’Association Française pour l’Insertion des Jeunes (AFIJ), gérée par 5 organisations étudiantes (UNEF, FAGE, PDE, UNI, CÉ) mais pas par Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes, devrait disparaître prochainement, dès octobre selon certain-e-s. Mise en redressement judiciaire, elle a été épinglée dans un rapport des inspections générales (IGF, IGAS, IGAESR). Cette association est censée aider les "jeunes" diplômé-e-s à obtenir un premier emploi par des dispositifs de soutiens.

Cette disparition pose la vraie question du chômage de masse qui touche toute la société, dont les étudiant-e-s qui sortent du système scolaire, parfois sans diplôme. La mort de l’AFIJ et son inefficacité démontre qu’un acteur privé n’est pas à même de répondre à cette problématique, même modestement. L’AFIJ était, de plus, gérée de manière opaque par de petits arrangements entre organisations étudiantes (qui parviennent bizarrement à résoudre leur "clivage" politique quand on parle argent).

Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes, loin de s’inquiéter de la disparition de l’AFIJ, regrette toutefois que le débat soit biaisé : le chômage des jeunes n’est qu’une partie du chômage de masse. Instaurer des politiques publiques en terme d’emploi "favorables aux jeunes" (contrat de génération, emploi d’avenir...) c’est ne pas considérer l’aspect structurel du chômage. En effet, les problématiques rencontrées par les jeunes diplômé-e-s pour accéder à l’emploi sont des problématiques communes à l’ensemble des salariés. A ce titre, les seules politiques légitimes pour résorber le chômage des jeunes sont celles qui s’attaquent au problème du chômage dans son ensemble : répartition des richesses, répartition du temps de travail...

A contrario, les récentes transformations de l’enseignement supérieur voulues par les gouvernements successifs qui visent à "rapprocher" les universités et les entreprises, ou alors la mise en place de cours visant à faire travailler les étudiant-e-s à leur propre employabilité, sont inutiles, sans effet sur l’emploi, et ne font que nuire à la qualité de nos formations.

Rien de mieux sur les contrats de travail spécifiques à la "jeunesse", qui n’ont comme seule fonction que d’instrumentaliser cette "jeunesse" pour affaiblir l’ensemble des salarié-e-s. En effet, de nombreux contrats (comme les "emplois d’avenir") permettent des exonérations de cotisations sociales pour les employeurs et ainsi affaiblissent l’ensemble de notre système de protection sociale.

Pour répondre à la précarité et au chômage de masse qui touche la société entière (et pas seulement les jeunes), il est nécessaire d’imposer, par la lutte, une transformation radicale de notre protection sociale et du salariat. Pour répondre à la précarité étudiante, il faut instaurer une véritable protection sociale pour les étudiant-e-s.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 27 août 2013


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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