Bandeau titre du site

Communiqué de presse de la Fédération SUD Étudiant : Emeutes sociales

Depuis la mort de 2 jeunes personnes après une intervention de police à Clichy, accident dont les causes n’ont toujours pas été élucidées, les affrontements n’ont pas cessés de secouer certains quartiers populaires d’Ile de France depuis 17 jours.

Ces affrontements sont révélateurs d’une crise sociale provoquée par une précarisation généralisée et l’échec
de politiques répressives et sécuritaires. La violence que l’on peut observer ici n’est rien en comparaison de la violence dite « légitime » de l’Etat, qui n’est elle même qu’un outil supplémentaire entre les mains d’un système économique qui laisse des millions de personnes dans la
misère.

D’une part, l’action des médias nationaux, en stigmatisant les banlieues comme zones à risques au potentiel de troubles important, et en stigmatisant les jeunes comme des casseur-euses, des délinquant-es récidivistes, contribue à alimenter les discours sécuritaires et à diviser la population pourtant touchée par la même misère, la même précarité.

Ces événements ci, sont en grande partie dus aux provocations gouvernementales allègrement véhiculées par les médias, en province comme sur le plan national.

Les questions ne se posent pas sur le pourquoi de ces incidents, mais sur comment arrêter cette violence et rétablir l’ordre. Les médias ne font ainsi que raviver les délires sécuritaires et les fantasmes du FN.

Ce lundi 7 novembre, Dominique De Villepin a annoncé la mise en place de l’ « Etat d’urgence », réminiscence de la loi 1955 votée en pleine guerre d’Algérie et véritable atteinte aux droits fondamentaux. Cette loi instaure notamment le couvre-feu dans les secteurs livrés à
l’appréciation des représentants de l’Etat dans les régions et les départements, la fermeture des salles de spectacles, bars et lieux de réunions ainsi que l’interdiction des réunions pouvant porter atteinte à l’ordre public, contrôle de la presse et possibilité pour les tribunaux militaires de juger les délits commis durant cet Etat d’urgence.

Autant dire que cette mesure, même si toutes les prévisions de cette loi ne seront pas mises en place, est une atteinte aux libertés fondamentales, liberté de
circuler, justice pour tous, liberté d’expression...L’Etat confirme encore une fois sa volonté de mater par la force toute contestation. Après la répression du mouvement lycéen, c’est au tour des jeunes des banlieues. Les soi-disant émeutiers sont ainsi contraints à passer en
comparution immédiate, souvent pour simple fait de délit de faciès ou de jeunesse.

La mise en place de véritables milices populaires, comme à Sevran (article de Libération du mardi 8 novembre ) n’est elle pas le simple résultat d’une division artificielle de la population trouvant son origine dans l’exaltation, par les hommes politiques de gauche comme de droite et par la presse, de valeurs républicaines uniquement mises en avant
pour masquer le creusement de plus en plus important des différences de conditions de vie entre des individus issus de classes sociales différentes ? Combien de temps nous reste-t-il donc avant de consacrer un nouvel Etat fasciste ?

Les mesures proposées en terme d’éducation par le gouvernement sont une autre preuve de la soumission totale de celui-ci et de ceux qui l’ont précédé aux intérêts immédiat d’un système n’ayant que du mépris envers les classes populaires. L’accès en apprentissage dès 14 ans interdit aux jeunes en difficulté d’accéder au savoir nécessaire à leur émancipation et transforme ces jeunes en simple main d’oeuvre docile destinée au seul profit des détenteurs du capital financier, qui sont généralement aussi ceux détiennent le capital culturel. De plus, l’instauration de bourses au mérite ne réduira pas l’échec scolaire mais ne fera que favoriser les élèves n’ayant pas de difficultés sociales.

Démantèlement des services publics, stigmatisation des jeunes des banlieues et des immigrés, politiques urbaines désastreuses, chômage : telles sont les causes de la révolte des « émeutiers », telles sont les conséquences directes d’un système économique prêt au pire pour mater tout ce qui pourrait remettre en cause les inégalités constituants ses fondements.

Les violences entre jeunes et représentants d’un Etat ne pouvant qu’aller dans le sens des intérêts des classes dominantes ne sont que l’expression d’une rage envers une société foncièrement inégalitaire dans laquelle les jeunes en difficulté n’ont rien à gagner.

Il est illusoire de penser qu’une simple intervention de l’Etat en faveur des plus démunis suffirait à remettre en cause des problèmes qui trouvent leurs racines dans l’existence même d’un système, fondé sur l’intérêt personnel et sur le financement privé de l’économie, dont SUD Étudiant ne peut que souhaiter la chute.

Il est urgent que le mouvement social agisse contre la politique de précarisation accrue de la population, mais également contre les causes de celle-ci, à savoir le capitalisme en lui même, et travaille à l’élaboration d’une véritable alternative.

Parce que toutes nos luttes sont liées :

- Pour un accès égalitaire à toutes et à tous à un enseignement et à un savoir libérés des contraintes de rentabilité.

- Solidarité avec les jeunes travailleurs-euses (en formation ou au chômage) et avec tous-toutes les exclu-es du système.

- Pour un salaire socialisé pour la jeunesse

- Pour le maintien et le renforcement de services publics réellement
gérés par leurs propres usagés.

A nous tous de nous organiser pour travailler à notre émancipation.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 10 novembre 2005


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

http://www.solidaires-etudiant-e-s.orgVoir la version mobile