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Déclaration du Conseil Fédéral du 7 novembre

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CP Declaration CF 7 novembre
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Le conseil fédéral de Sud Etudiant réuni le 7 novembre à Paris, déclare :

Nous connaissons une mobilisation historique par son ampleur et sa durée, ayant réuni 7 fois de suite plus de 3 millions de personnes dans la rue. Face à ce mouvement inédit, le gouvernement n’a eu comme seules réponses envers les travailleurs-euses (en formation, en activité, à la recherche d’un emploi...) que le mépris et la répression. Cependant, de nombreux secteurs, conscients des enjeux et de la détermination d’un gouvernement aux bottes du patronat, ont fait le choix, comme l’a défendu l’union syndicale Solidaires, de s’engager dans des mouvements de grèves reconductibles seuls à même d’instaurer un rapport de force capable de les faire reculer.
Dans les universités, la rentrée tardive a contraint à des calendriers de mobilisation resserrés qui ont handicapé l’ancrage des grèves. Néanmoins, dans un certains nombre de départements des Assemblées Générales interprofessionnelles se sont réunies avec des étudiant-e-s. Si le mouvement a connu des limites, notamment le toujours trop faible nombre de personnes représentées ou l’absence de certains secteurs, cela constitue un progrès dans la manière de concevoir l’organisation de la grève. Des actions communes lycéennes, étudiantes et interprofessionnelles ont pu voir le jour, et des cadres émerger comme les assemblées générales interpro et la rencontre de celles-ci au niveau national, comme à Tours ce week-end.
Le mouvement en cours laissera des traces durables. Il a permis à de nombreuses personnes de prendre conscience de leur force collective et constitue une avancée pour la conscience de classe. Il laisse un gouvernement décrédibilisé et fragilisé.

Pour la Fédération des syndicats Sud Etudiant, il s’agit maintenant de continuer la lutte pour la sauvegarde de nos acquis sociaux, sur des bases supplémentaires à la question des retraites, et notamment sur la Sécurité Sociale dont les nouvelles modalités du Projet de Loi de financement (PLFSS) de 2011, qui va encore accentuer les inégalités et la précarité dans le milieu étudiant et pour la jeunesse en général. Ce nouveau projet de loi touche une fois de plus les plus démunis socialement.

Adopté mardi en première lecture à l’Assemblée Nationale, le Projet de Loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2011, passe maintenant en débat au Sénat et ce, jusqu’en début de semaine prochaine. Il prévoit de réduire encore les dépenses en lorgnant sur les acquis sociaux des dernières décennies, afin de contenir le déficit budgétaire. Outre la réduction des dépenses d’assurance-maladie, qui passe par le déremboursement de certains médicaments, avec un objectif d’économies de 330 millions d’€, le gouvernement dévoile son but de faire des économies sur tout, gratter le moindre million au détriment du plus grand nombre, dans un contexte social catastrophique.
En effet, les étudiant-e-s, si ils ont été épargné-e-s par le recul du gouvernement en août, concernant le cumul de leur aide personnalisée au logement (APL) et de la demi part fiscale accordée à leurs parents, recul obtenu par crainte d’un mouvement étudiant massif dans un contexte de grève interprofessionnelle sur le dossier des retraites, une attaque nouvelle se dessine.
Une mesure injuste et critiquée paraît dans le rapport du PLFSS 2011, celle de la suppression de la rétroactivité du versement de l’aide personnalisée au logement (APL), qui permettra à l’Etat d’économiser 240 millions d’€. Jusqu’à présent, cette aide était versée par la Caisse d’allocation familiale avec un effet rétroactif, si le demandeur vivait déjà dans le logement et remplissait les mêmes conditions d’octroi. Cette rétroactivité permettait à l’étudiant ou l’étudiante concerné-e de percevoir après coup l’aide au logement correspondant aux trois premiers mois de loyer en cas de délais entre l’attribution du logement et le versement effectif de l’aide. Cette somme représente un manque à gagner considérable pour les étudiant-e-s qui font face à chaque rentrée à de nouvelles dépenses toujours plus importantes et des frais d’inscription en hausse.

Le Conseil fédéral de Sud Etudiant tire un bilan positif à mi parcours de cette mobilisation contre la contre-réforme des retraites et continue d’exiger la non-promulgation de la loi et son retrait immédiat.
Nous nous engageons à poursuivre les actions initiées avec les salarié-e-s en lutte et notre Union syndicale Solidaires, dans l’unité la plus large.
Enfin, nous réaffirmons que les mots d’ordre doivent et peuvent être élargis, afin d’engager, dans la durée, un débat concret sur la question des acquis sociaux comme la Sécurité sociale, la précarité, les salaires et la redistribution des richesses.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 9 novembre 2010


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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