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Emploi des jeunes : redonnons des perspectives d’avenir à l’ensemble des salariés !

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CP commun Solidaires-SUD Etudiant emploi des jeunes-2
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Jeudi, le patronat (MEDEF, CGPME, UPA) et quatre syndicats (CFDT, FO, CFTC, CGC-CFE), sont parvenus à un accord concernant l’emploi des jeunes, prévoyant un accompagnement individuel renforcé en 2011 de 65.000 d’entre eux.

Ces propositions lacunaires n’aboutissent qu’à la collaboration bancale entre les différents services publics de l’emploi, les établissements d’enseignement secondaire et supérieur d’une part, et le patronat d’autre part. Envisager une collaboration entre ces multiples acteurs aux missions, aux prérogatives et aux intérêts très divergents est une aberration.
Le financement de ces mesures sera par ailleurs laissé ainsi à la charge du FPSPP, de l’APEC et des missions locales, sans aucun cout supplémentaire pour les entreprises.

Le MEDEF préconise ainsi pour 25 000 étudiantes et étudiants, 20 000 élèves sortis du système éducatif sans qualification ou sans diplôme, 20 000 jeunes travailleur-e-s qualifié-e-s au niveau bac ou non diplômé-e-s qui ne trouvent pas de travail, un dispositif d’actions de formation préalables au recrutement (AFPR) ainsi qu’une phase d’orientation professionnelle intitulée « Préparation opérationnelle à l’emploi », d’une durée d’un an.
Or, nous ne pouvons croire qu’une année suffit raisonnablement à la recherche et l’adaptation à un premier emploi.
Les méthodes patronales déjà reconnues comme un échec ne peuvent s’appliquer de force, non seulement à un nombre trop réduit de jeunes en recherche d’un emploi stable, mais à l’ensemble des salarié-e-s, quelques soient leurs parcours.

Les propositions du MEDEF sont par ailleurs déformées par la vision d’une jeunesse homogène, en échec, qu’il serait nécessaire de classer hâtivement, en ignorant ses multiples aspects, ses souhaits et ses aspirations. Car les jeunes ne représentent pas une catégorie à part des autres salarié-e-s. C’est l’ensemble de la population qui est touchée par les dispositifs régressifs, le chômage, les licenciements, les départs en retraite forcés et non remplacés.

Les problématiques posées par l’emploi des jeunes sont liées à la question plus générale de la mise en concurrence de tou-te-s les salarié-e-s par la multiplication à outrance des statuts et des contrats, et de l’exploitation des plus précaires socialement. Certes, il convient aujourd’hui de mieux orienter les jeunes dans l’emploi, mais surtout de trouver de véritables solutions pour protéger de l’emploi de tou-te-s.

Face à cela, SUD Étudiant et l’Union syndicale Solidaires exigent un certain nombre de garde-fous et de garanties pour les salarié-e-s dans leur ensemble et les jeunes en particulier :

- Les droits et les aides à la recherche d’emploi doivent être généralisés à tou-te-s les salarié-e-s ; ils doivent être étendus en nombre, en moyens, à toutes et tous. Nous exigeons un accompagnement véritable dans la recherche d’emploi et une ouverture vers la formation tout au long de la vie.

- Le CDI à temps plein et l’emploi statutaire doivent être la norme, tout en respectant les prérogatives personnelles de chacun ; suppression des diverses et multiples formes d’emplois précaires et de contrats atypiques.

- La création d’un salaire socialisé d’études versé à tout jeune travailleur en formation, à partir de 16 ans, se déclarant fiscalement indépendant de ses parents. D’un montant au moins égal au SMIC, ce revenu sera financé par des cotisations sociales et géré par des représentant-e-s étudiant-e-s et salarié-e-s.

- Un véritable suivi et un accueil adéquat pour toutes les personnes en recherche d’emploi, c’est-à-dire le développement et des moyens supplémentaires aux structures publiques pour l’emploi : Pôle Emploi, Centres d’Information et de Documentation Jeunesse, centres d’accueil de jeunes.

- Une meilleure orientation des jeunes en formation et des étudiant-e-s dès le secondaire et l’Université, respectueuse des choix de chacun-e et non guidée autoritairement par le seul critère de « l’employabilité », avec des moyens humains et financiers supplémentaires pour les structures internes d’orientation.

- Nous exigeons la mise en place d’un véritable statut de stagiaire. Les périodes de stages doivent être considérées comme des périodes de travail pour ce qui est des droits à la retraite et à la couverture sociale. Elles doivent être rémunérées à hauteur du SMIC et revalorisées en fonction du niveau de qualification.

Ces revendications s’inscrivent dans notre projet de transformation sociale fondé sur une autre répartition des richesses. Cela suppose, entre autres, le partage de la valeur ajoutée en faveur des salaires et une nouvelle réduction du temps de travail avec embauches correspondantes, afin de redonner une perspective d’avenir à l’ensemble des salarié-e-s, et particulièrement aux jeunes.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 8 avril 2011


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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