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En Grèce : l’Etat dissimule sa crise derrière des mesures policières !

En Grèce, depuis la mort d’un adolescent samedi dernier suite à un coup de feu d’un policier, l’ensemble du pays connaît une situation d’affrontements entre force « de l’ordre » et forces progressistes au premier rang desquelles se trouvent actuellement les étudiant-e-s et lycéen-ne-s.

Le meurtre a en effet provoqué une vague de réaction rapide dans tout le pays, de nombreuses universités sont entrées dans un mouvement de grève, et des lycées ont été bloqués. Au-delà de ces blocages institutionnels, l’ensemble de la jeunesse (étudiant-e-s, salarié-e-s, lycéen-ne-s) se retrouvent ces jours dans la rue. Les organisations syndicales avaient aujourd’hui appelées à une journée de grèce générale.

Il ne s’agit donc pas d’une simple réaction à un meurtre. De fait la jeunesse grecque, notamment celle issue des classes les plus défavorisées, se trouve confrontée à un manque de perspectives d’avenir. D’une part, dans le système scolaire grec, il devient de plus en plus fréquent de placer les lycéen-ne-s dans des cours privés en complément de l’enseignement public, ce qui met déjà en difficulté les plus pauvres. D’autre part, les étudiant-e-s diplômé-e-s se trouvent confrontés à une exploitation accrue par la quasi absence de minima sociaux dans leur pays : il n’est pas rare de se voir proposer des salaires d’à peine 600 euros pour un premier emploi...

Ce mouvement s’inscrit dans un contexte européen de crise, de refus de payer « leur crise » comme le proclament les étudiant-e-s italien-ne-s depuis près de deux mois. De fait, les similitudes avec le contexte hexagonal sont frappantes : les étudiant-e-s grecques ont subis une loi similaire à la LRU dès 2006 qui a mis leurs universités en concurrence et provoquer un nivellement des formations par le bas en fonction des impératifs économiques locaux, en France aussi les minima sociaux ne sont pas accessible avant 25 ans (le RMI tout comme le RSA), les diplômé-e-s se trouvent de même confronté-e-s à un manque de perspectives notamment causées par les désengagements financiers de l’Etat (il suffit de rappeler que les jeunes chercheurs/euses précaires ont occupé l’ANR ces dernières semaines), etc.

Nous ne pouvons donc qu’être solidaires du mouvement qui se déroule actuellement en Grèce. Face à un Etat, contraint de faire usage de la force armée pour laisser croire qu’il ne subit pas de plein fouet la crise qu’il a largement contribué à provoquer, il nous faut plus que jamais coordonner nos luttes pour organiser nos victoires !

Nous appelons, avec de nombreuses autres organisations de jeunesse, au rassemblement vendredi 12 décembre à 17 h 30 devant l’ambassade de Grèce ( 17 rue Auguste Vacquerie - 75017 Paris - métro Kléber).

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 10 décembre 2008


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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