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L’alternance en master d’enseignement pousse à la précarité des futurs professeurs

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CP masters enseignement alternance
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Luc Chatel et Valérie Pécresse ont annoncé lundi des ajustements autour de la réforme de la mastérisation. Ces nouveaux dispositifs devraient être mis en place dès la rentrée 2011, dans une trentaine d’universités et huit académies pilotes. Ils ne concerneront tout au plus que quelques centaines d’étudiant-e-s.

En effet, les deux ministres préconisent l’attribution d’un poste d’assistant pédagogique à mi temps ou un contrat d’enseignement de trois à six heures par semaine. Or, ceci ne peut constituer une formation de qualité à un futur métier, mais bien une dévaluation supplémentaire de la formation, à laquelle sera adossé un emploi sous rémunéré, entouré d’un certain flou concernant ses finalités pédagogiques.
Ce nouveau dispositif vise à transformer un stage non rémunéré et dépourvu de cadrage national, initialement prévu en deuxième année de master, en un emploi précaire à mi temps en première année. Ce faisant, il doit s’effectuer en même temps que la préparation au concours, que les examens et la rédaction du mémoire de master.

L’alternance propose avant tout d’occuper un emploi initialement accordé à un professeur à plein temps, en diminuant encore le nombre de recrutements et de postes de titulaires. Il s’agit en effet de poursuivre la même logique que nous ne cessons de dénoncer, autrement dit le découragement des vocations. Ces contrats d’enseignement et les postes d’assistant à mi temps contribuent à renforcer la logique de déstabilisation concernant le recrutement des futurs professeurs, plongeant les étudiant-e-s stagiaires dans la précarité. Une rémunération à hauteur de 560€ par mois ou de 3000 à 6000 € par année ne leur permettra pas des conditions de vie et d’études décentes.

Ces nouvelles annonces ne représentent qu’une ultime provocation de la part du gouvernement déterminé à éventrer l’éducation nationale de ses professeurs et personnels, creusant ainsi encore les inégalités sociales et pénalisant les élèves.
Nous le répétons, cette logique insidieuse compromet une préparation sereine des concours rendus de plus en plus sélectifs par la réduction constante du nombre de postes dans l’enseignement, encore 16 000 par an dès 2011.
Alors que le rapport Jolion déplore déjà la surcharge de travail imposé aux étudiant-e-s, cet ajustement tend à rendre la préparation des concours au sein des masters d’enseignement et la pratique du métier humainement intenables, pour favoriser les abandons, déjà massifs, de candidats avant les concours, les poussant dans une extrême précarité financière et psychologique.

La fédération SUD Etudiant exige l’arrêt des « ajustements » de la réforme qui pénalisent d’autant plus les étudiant-e-s, et sont décidés sans prise en compte des préconisations de la mission d’information sur l’application de la réforme.
Nous demandons une fois de plus l’abrogation de tous les règlements instaurant la réforme et un retour sur les décisions prises par arrêté des deux ministères.
Enfin, la fédération SUD Etudiant demande l’augmentation du nombre de postes dans l’enseignement supérieur et l’éducation, ainsi que dans l’ensemble des services publics.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 26 mai 2011


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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