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L’appel "les jeunes pour l’abolition de la prostitution" : Halte aux politiques répressives envers les prostitué-e-s !

L’appel "Les jeunes pour l’abolition de la prostitution" : Halte aux politiques répressives envers les prostitué-e-s !

Nous considérons qu’un jeu complexe de contraintes économiques et de rapports sociaux de domination (patriarcaux, capitalistes, racistes...) fait de la prostitution et du travail sexuel des pratiques touchant les catégories parmi les plus défavorisées et déclassées de la population.  : les femmes, les classes populaires, les trans, les homosexuel-le-s, les personnes migrantes et sans papiers. Or, en tant que syndicat étudiant, nous constatons que ce phénomène difficilement quantifiable touche aussi des étudiant-e-s. De plus, dans une perspective syndicale de transformation sociale et de lutte contre les rapports sociaux de domination, nous devons avoir une posture de "luttes avec les prostitué-e-s et les travailleur-euse-s du sexe, et non cautionner une politique répressive à leur encontre. Les débuts d’auto-organisation de ces groupes dominés - à l’image du STRASS - ne peuvent qu’être soutenus par la fédération Solidaires Étudiant-e-s.

Il n’est pas pour nous nécessaire de nous proclamer abolitionnistes, ou non-abolitionnistes. En effet, que l’on soit abolitionniste ou non, nous sommes contre les dispositifs pénalisant avant tout les prostitué-e-s et les travailleur-euse-s du sexe.

Or alors que l’appel "les jeunes pour l’abolition de la prostitution" prend parti pour la pénalisation des client-e-s pour permettre la fin d’une "impunité" et le "protection des personnes prostitué-e-s", nous pensons que cette politique aurait un effet désastreux pour les personnes prostituées.

Nous considérons cette position comme étant dans la droite ligne des lois répressives à l’encontre des prostitué-e-s et des travailleur-euse-s du sexe . En effet, loin de toucher prioritairement les clients, le patriarcat ou un éventuel "système prostitueur" cette loi pénalisera avant tout les prostitué-e-s et les travailleur-euse-s du sexe elles/eux même. Deux raisons à cela :

- Un risque sanitaire accru : les associations de lutte contre le SIDA, le mouvement français pour le planning familial, Act Up, AIDES, Médecins du Monde, Solidarité SIDA ou encore UNALS considèrent que la loi dite de pénalisation des clients ne résoudra pas le problème de la prostitution mais l’invisibilisera. Les prostitué-e-s et travailleur-euse-s du sexe, notamment les plus précaires exerçant dans la rue, devront encore plus s’isoler et entrer dans la clandestinité, augmentant les risques de contaminations par le VIH/SIDA. . Elles/ils seront toujours plus éloigné-e-s des centres de préventions et de soins, et seront d’avantage contraint-e-s à accepter des conditions de travail dangereuses (difficulté à imposer le port du préservatif par exemple).

- Un accès aux droits de plus en plus dans l’impasse : la prostitution n’est pas à proprement parler illégale en France, mais un certain nombre de dispositifs répressifs (contenus dans la LSI par exemple) mettent l’exercice de la prostitution et du travail sexuel dans un flou juridique. Aujourd’hui, les prostitué-e-s et travailleur-euse-s du sexe, enregistré-e-s pour la plupart en tant que "travailleur indépendant", payent des impôts sans pour autant avoir accès à une retraite décente, et le flou juridique ne facilite pas la connaissance des droits sociaux, notamment en ce qui concerne la sécurité sociale. La loi dite de pénalisation des clients illégalisera davantage la prostitution et le travail du sexe car l’achat des rapports sexuels sera sujet à amendes et condamnations. L’accès aux droits sociaux élémentaires pour les personnes exerçant une activité prostitutionnelle sera ainsi condamné une nouvelle fois. Aussi, le rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) intitulé Prostitution. Enjeux Sanitaires indique que "la reconnaissance et l’effectivité des droits constituent des conditions indispensables pour la prévention, le suivi médical et les soins des personnes qui se prostituent"

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Il ne s’agit pas pour nous de revendiquer une réglementation de la prostitution, mais de réclamer des droits élémentaires pour les personnes qui se prostituent. En tant que syndicalistes, nous ne pouvons tolérer qu’une partie de la population soit invisibilisée, n’ait pas ou difficilement accès aux droits sociaux élémentaires et que les risques médicaux, physiques, psychologiques et sanitaires induits par les lois répressives soient ignorés.

Nous revendiquons :

- Une opposition ferme à la loi dite de pénalisation des clients.

- L’abrogation de la Loi sur la Sécurité Intérieure (LSI) contenant le délit de racolage public.

- L’arrêt du harcèlement policier et des arrestations des prostitué-e-s et travailleur-euse-s du sexe en raison de leur activité.

- L’ouverture de pôles d’accueil dans chaque université (prostitution, protection et contraception, harcèlement sexuel, viol, etc)

- La mise en place d’un salaire social étudiant ou d’une garantie sociale étudiante permettant à chaque étudiant-e de suivre ses études sans avoir à exercer une activité rémunératrice extérieure.

- Le refus de la privatisation des CNOUS/CROUS.

- La régularisation de tou-te-s les sans-papiers et l’ouverture des frontières.

- La lutte contre les réseaux d’exploitation sexuelle au nom des lois contre la traite des êtres humains.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 14 octobre 2013


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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