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L’avenir des universités : le droit canon ou la charia ?

Fin décembre était signé un accord entre la France et le Vatican visant à la reconnaissance des diplômes « canoniques et théologiques » par l’Etat français. Cette mesure comporte de nombreux risques, notamment celui de voir les établissements catholiques pratiquer une sélection accrue, demander des frais d’inscriptions, et délivrer des dipômes universitaires qui ne correspondraient plus à des formations qui sont (supposées être) les mêmes sur l’ensemble de l’hexagone.

Le 21 janvier, la nouvelle université « autonome » de Strasbourg et l’école de management de Strasbourg ont tenu la conférence inaugurale de leur diplôme de « finances islamiques ». Cette formation se proposera notamment de former ses étudiant-e-s, notamment par des enseignements sur « l’économie islamique », et le « droit musulman ».

Ces deux décisions, traduisant un climat de complaisance envers la résurgence dans le débat public des phénomènes religieux (y compris sous ses formes les plus extrêmes lorsque la religion devient le fondement des systèmes juridiques), doivent aussi nous alerter du point de vue de la déqualification des diplômes. Le fait d’habiliter ce type de formations à délivrer des diplômes correspondant aux normes du système universitaire français laisse en effet planer le risque d’une attaque contre les droits des étudiant-e-s en tant que futur-e-s travailleurs/euses. En effet, les conventions collectives reconnaissent des droits égaux pour des diplômes égaux (et donc des formations égales), or, l’éparpillement des contenus des formations suppose une rupture directe avec les logiques qui guidaient les conventions collectives, et donc une attaque contre le droit du travail.

Comme le dit sans vergogne le directeur de l’école de management de Strasbourg : « nous formons à la fois des étudiants pour le marché français et pour le marché international ». Étudiant-e, sâches-le donc une bonne fois pour toute : tu es formé-e pour le marché, comme un simple produit. Une marchandise en somme.

Sous un alibi de « tolérance des religions », les pouvoirs publics et administrations universitaires veulent donc une nouvelle fois promouvoir la mise au pas de nos formations par le marché. Ces décisions restent dans la logique de l’application de la loi LRU, tout comme les diverses mesures de dévaluation de nos formations : plan licence, mastérisation des concours d’enseignement, projet de contrat doctoral unique. Et c’est exactement contre ce type de mesures que les étudiant-e-s seront dans la rue dès le 29 janvier.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 27 janvier 2009


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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