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Logement étudiant : le gouvernement joue un jeu de dupes

La rentrée universitaire de cette année 2009/2010 a été accompagnée de grandes déclarations ministérielles sur les efforts fournis par le gouvernement en matière de logement étudiant. En effet, 3807 chambres universitaires seront livrées pour cette année 2009. En outre, les annonces se multiplient concernant les nouveaux types de logements étudiants expérimentés par le gouvernement : des anciennes casernes militaires rénovées, bâtiments préfabriqués, containers, cohabitations intergénérationnelles sont désormais le « nec plus ultra » du logement étudiant du futur.

Pourtant, derrière cette augmentation du nombre de logements étudiants, se cache une véritable pénurie qui s’aggrave d’années en années. À l’heure actuelle le ministère de l’enseignement supérieur se félicite de posséder 163 000 logements étudiants sur le parc du Crous. Cependant, il y avait 2 213 000 étudiant-e-s en France, en 2008. Ce qui signifie que seuls 7,4% des étudiant-e-s peuvent se loger en résidence universitaire. Et ce n’est pas l’objectif (qui est encore loin d’être atteint) de 5000 constructions de logements étudiants par an qui va modifier en profondeur la pénurie. En effet, au rythme de 5000 constructions de logements par an, plus d’une soixantaine d’années seraient nécessaires à la construction de logements pour tou-te-s les étudiant-e-s boursier-e-s (il y a environ 500 000 étudiant-e-s boursier-e-s aujourd’hui). Loin de nous réjouir, les chiffres du ministère entérinent la précarisation de la majeure partie des étudiant-e-s en acceptant le fait qu’un logement de qualité n’est pas un droit mais une chance.

Et ce ne sont pas les mesures « caches misères » : collocations intergénérationnelles, habitat dans des préfabriqués, etc. qui feront évoluer la situation désastreuse dans laquelle sont plongé-e-s les étudiant-e-s en matière de logement. Celles-ci tendent à faire accepter à la population l’immuabilité de la précarité étudiante ainsi que la possibilité de vivre dans des logements de fortunes.

Aujourd’hui, la majorité des étudiant-e-s travaillent pour pouvoir étudier et le logement est la première source de dépense. Dans certaines régions urbaines, comme en région parisienne, les prix des loyers sont si élevés et les logements universitaires en nombre si restreints qu’ils engendrent une précarisation accrue pour la majorité des étudiant-e-s.

La Fédération des Syndicats SUD Étudiant s’indigne de l’attitude du ministère de l’enseignement supérieur qui se satisfait de sa politique vis à vis du logement étudiant. Ni une si faible croissance de construction de logements, ni les mesures promouvant un logement précaire, ne sont en capacité de combattre réellement la crise du logement qui touche particulièrement les étudiant-e-s.

C’est pourquoi, la Fédération des Syndicats SUD Étudiant, soutien l’action mené par Jeudi Noir, qui a réquisitionné un immeuble près de Bastille à Paris, afin d’en faire une résidence universitaire. Si l’ordonnance de 1945 n’est pas appliquée, il ne nous reste plus qu’à l’appliquer nous mêmes. En outre, nous réclamons une construction massive de logements sociaux pour les étudiant-e-s comme pour le reste de la population afin de mettre fin à cette précarité que nous subissons depuis trop longtemps.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 6 septembre 2009


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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