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Rentrée 2013 : des mesures insuffisantes et ambiguës face à la précarité étudianterticle

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Communiqué de presse

Le 17 Juillet 2013

Rentrée 2013 : des mesures insuffisantes et ambiguës face à la précarité étudiante

Les décisions ministérielles sont tombées : les bourses seront progressivement "réformées". Le Ministère a décidé ainsi de créer un échelon 7 de bourses (550 euros par mois) et un échelon 0 bis (100 euros par mois). Mais, en parallèle, il a décidé d’une augmentation des frais d’inscription réglementaire, des frais de Sécurité sociale, des frais de médecine préventive et du ticket RU. Ces augmentations vont de 1,5% à 2% à la rentrée et concerneront la quasi-totalité des étudiants. Le ticket RU prend encore 5 centimes : en 3 ans, le prix du ticket RU a augmenté de 10% ! Dans le même temps des "bourses départementales" aux étudiant-e-s sont supprimées comme dans l’Aisne. Si la réforme des bourses constitue une mesure d’urgence pour les étudiants les plus précaires, c’est avant tout un coup de communication.

Le constat est clair : la précarité des étudiant-e-s est une réalité criante. Le "coût de la vie augmente", les revenus diminuent, les étudiant-e-s se salarient de plus en plus, notamment pour financer leurs études, avec des temps d’emploi de plus en plus longs... Et tout ceci n’est pas sans avoir des conséquences désastreuses sur la réussite des étudiant-e-s, notamment ceux et celles issu-e-s des classes populaires, de moins en moins nombreux-se-s dans l’enseignement supérieur. Rappelons que les étudiant-e-s salarié-e-s ont un taux de réussite en moyenne deux fois inférieurs aux non salarié-e-s.

La réponse gouvernementale est insuffisante. Si l’échelon 0 est une invention statistique pour augmenter artificiellement le nombre de boursier-e-s à peu de frais, seul-e-s 55.000 étudiant-e-s à l’échelon 0 aujourd’hui (sur 135.000) recevront désormais une bourse (échelon 0 bis" : une bourse bien maigre qui ne pourra résoudre le problème de l’augmentation des "emplois étudiants" comme l’affirme le ministère et l’UNEF. Le nombre de boursier-e-s aidé-e-s augmentent certes (de 10%) mais pas le nombre total de "boursier-e-s" ( 1,6%) : rappelons que sur plus de 2,3 millions d’étudiant-e-s, 650.000 sont boursier-e-s et seulement 550.000 reçoivent une aide. L’"échelon 7", quant à lui, ne fait qu’apporter un "coup de pouce" (bien pratique certes) à 30.000 étudiant-e-s déjà à l’échelon 6 ( 80 euros par mois). Mais, à l’inverse, et contrairement à 2012, les bourses ne sont même pas revalorisées : les augmentations (1% environ voir moins selon les échelons) suivent à peine l’inflation. Ainsi le gouvernement économise plusieurs dizaines de millions d’euros en ne revalorisant pas les bourses. Enfin les allocations individuelles, tant vantées par l’UNEF, existent de fait déjà au sein du Fond National d’Aide d’Urgence et ne concernent que 0,4% des étudiant-e-s. En bref le gouvernement fait une réforme à peu de frais.

Le gouvernement, qui se prétendait du "changement", refuse, comme l’an dernier et comme ses prédécesseurs avant lui, de prendre sérieusement en compte la réalité de la précarité. Il alterne mesures insuffisantes et mesures contreproductives en préférant agir sous le bon conseil des mutuelles étudiantes privées, soucieuses de leurs marges commerciales, et des présidents d’universités qui souhaitent augmenter leurs "fonds propres".

C’est une nouvelle démonstration de la continuité de la politique gouvernementale avec les précédents gouvernements. La Loi Fioraso, définitivement votée, conserve la scélérate loi LRU et l’empire sur de nombreux points. En parallèle, le gouvernement poursuit la privatisation rampante des CROUS en leur imposant des logiques de rentabilité, dans la continuité du projet "CROUS 2020". Au lieu d’être financés selon les besoins réels des étudiant-e-s en termes de logement ou de restauration, les CROUS seront financés selon leur rentabilité et leur capacité à trouver d’autres sources de financements que les fonds publics. Les CROUS ne se gênent pas pour augmenter leurs loyers, réduire la taille des repas aux RU, augmenter tous les prix non réglementés au niveau national (cafétérias CROUS par exemple). Les avantages au logement privé (caution solidaire, système Lokaviz...) sont maintenus, transformant le CROUS en agence immobilière. Est-il utile de rappeler les dérives nombreuses du logement privé : loyers excessifs, "marchands de sommeil", logements insalubres, agences "vendeuses de listes"... La restauration privée, qui s’implante désormais dans certains campus, n’hésite pas à pratiquer des prix de plus en plus élevés.

Comme sous le gouvernement précédent, certaines organisations étudiantes se contentent de quelques toilettages : échelon 0 sous Jospin, 10ème mois de bourses sous Sarkozy, échelon 0bis et 7 sous Hollande. En parallèle, elles acceptent sans broncher la destruction des services publics et notamment des CROUS, aujourd’hui ignorée de toutes celles et ceux qui prétendent combattre la précarité étudiante. Mais, à la veille d’un mouvement social contre la nouvelle casse de nos retraites, le gouvernement ne cherche-t-il pas à acheter le silence de l’Unef ?

Nous ne cessons de répéter que c’est le climat d’exclusion, la mise en concurrence des étudiant-e-s et des universités entre eux-elles, la privatisation rampante, la course à l’« excellence », la sélection sociale, la professionnalisation des filières qui amènent un grand nombre d’étudiant-e-s à abandonner leurs études en cours de route ou à renoncer à s’inscrire. La réponse doit être pécunière, mais pas seulement, elle passe aussi par des services publics de solidarité. Il est clair que compte-tenu de la situation, seul un mouvement social d’ampleur pourra faire changer la donne et permettre aux étudiant-e-s de faire passer leurs revendications. Alors que le gouvernement s’attaque aux retraites et, de manière globale, à la Protection sociale, c’est ensemble, étudiant-e-s, salarié-e-s, retraité-e-s, privé-e-s d’emploi et lycéen-ne-s, que nous lutterons.

Face à l’urgence sociale, des solutions véritablement ambitieuses existent. Solidaires Etudiant-e-s exigent :

- La gratuité totale de l’enseignement supérieur, principe constitutionnel en France, avec la disparition des frais d’inscription, y compris dans les établissements publics à statut dérogatoire ;

- Le retour à un financement paritaire du ticket RU par l’État ;

- L’intégration de la sécurité Sociale étudiante à la Sécurité sociale générale avec intégration des personnels et avec des cotisations symboliques, afin de soustraire la santé étudiante de la sphère marchande des mutuelles privées ;

- Un plan massif de construction et de réhabilitation de logements étudiants publics dignes et à bas loyer afin de répondre à la crise du logement, ainsi que la réquisition des logements vides ;

- L’augmentation massive, en nombre et en montant, des bourses sur critères sociaux, versées de manière régulière, sur 12 mois, avant d’instaurer un revenu pour tou-te-s les étudiant-e-s se déclarant fiscalement indépendant-e-s de leurs parents, financé par les cotisations sociales ;

- L’abrogation du "Projet CROUS 2020".

- 118 millions : ça a l’air beaucoup..., mais c’est beaucoup trop peu.
Rapporté au nombre d’étudiant-e-s total, c’est 50 euros par étudiant-e- sur l’année ;

- C’est seulement 0,5 point de % de boursier-e-s (échelon 0 inclus) en plus : on passe de 27,6 à 28% de boursier-e-s en France ;

- C’est 2,7 points de % de boursier-e-s aidé-e-s en plus : on passe de 22 à 24,7% ;

- C’est seulement 85 000 étudiant-e-s c’est-à-dire 13,2% des boursier-e-s qui reçoivent plus c’est-à-dire à peine 3,7% des étudiant-e-s .

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 19 juillet 2013


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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