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Pécresse annonce un nouveau désengagement de l’état dans les universités : refusons ces mesures dès le 6 mai !

Alors que l’ensemble des niveaux de l’éducation subissent actuellement des attaques de la part du gouvernement, et malgré la récente LRU ainsi que le plan licence ou encore les diminutions de bourses étudiantes, il semblerait que le gouvernement souhaite de nouveau soumettre l’ensemble du système éducatif à une tonte en règle de leurs financements publics.

En effet, la ministre de l’enseignement supérieur a déclaré dernièrement qu’il était nécessaire de revoir les attributions de budget aux universités non pas en calculant en fonction du nombre d’étudiant-e-s inscrit-e-s, mais en fonction du nombre d’étudiant-e-s qui passaient les examens.

En faisant cette déclaration lundi 27 avril, Valérie Pécresse l’ignore probablement en parant son annonce de tous les aspects de la révélation, mais elle a soulevé une question déjà ancienne : au moyen âge, le nombre d’étudiant-e-s passant les examens étaient déjà nettement inférieurs au nombre de ceux qui étaient inscrits aux cours...

Et pourtant, fort heureusement, il nous faut constater que l’université a changé depuis cette période. Si les inégalités sont encore très loin d’avoir disparues, elles se sont déplacées.

D’une part, le taux d’absentéisme lors des examens n’est pas aussi élevé que voudrait le faire croire la ministre de l’enseignement supérieur : les amphithéâtres ne sont pas de mornes plaines désertiques dès lors qu’il s’agit de passer les examens ! Bien au contraire, on constate bien souvent une plus forte présence lors des examens de fin de semestre que pendant les cours.

Il n’est pas difficile de déterminer les raisons de ce constat :

- une politique d’orientation exécrable depuis plusieurs années, avec, à la clé, la diminution constante du nombre de postes aux concours de conseillers d’orientation psychologues

- le désengagement financier de l’état qui engendre directement un manque de personnels (enseignant-e-s comme non enseignant-e-s), et donc une impossibilité de la part des enseignant-e-s à répondre de manière satisfaisante aux étudiant-e-s

- mais surtout, le refus de prendre en compte la réalité de la précarité étudiante : plus de 50% des étudiant-e-s sont aujourd’hui contraints de se salarier au cours de l’année, en plus d’assumer leurs études

En dépassant le volet concernant simplement la partie « enseignement » des universités, il convient aussi de prendre en compte l’aspect « recherche ». En effet, on constate chaque année que de nombreux étudiant-e-s en master et doctorat ne soutiennent pas leur mémoire ou leur thèse en un an, comme le prévoit « le calendrier LMD ». La raison en est simple : il s’agit de proposer un résultat final des recherches de qualité. Il en va donc de la qualité de la recherche universitaire, puisque ces mémoires et thèses sont bien souvent une base importante pour les recherches à venir des enseignant-e-s chercheurs/euses.

Implicitement, on devine la volonté de la ministre de revenir à un système de contrôle des présences étudiantes lors des cours et des examens. Or, il est nécessaire de rappeler que l’absentéisme n’est en aucun cas un choix des étudiant-e-s concerné-e-s, mais bien une conséquence directe de la précarité qu’ils/elles subissent : un-e étudiant-e salarié-e ne peut que difficilement rendre compatible son emploi et ses études.

Sous le prétexte d’optimiser les financements alloués aux universités, la volonté de calculer les dotations en fonction des taux de présence lors des examens traduit donc, une nouvelle fois, la volonté d’un désengagement financier par l’état.

Les universités de lettres, de sciences humaines et de sciences sociales, qui sont considérées comme celles connaissant les plus forts taux d’absentéisme lors des examens, de par le fait qu’elles sont aussi celles qui accueillent le plus d’étudiant-e-s salarié-e-s, seront donc les premières pénalisées alors même qu’elles sont déjà nettement sous dotées comparativement aux filières dites de « sciences dures ».

Quant à ces dernières filières de « sciences dures », elles subiraient aussi les conséquences de ce refonte des critères de dotation, puisqu’elles semblent aussi connaître ces dernières années des augmentations du taux d’absentéisme lors des examens.

La volonté est donc claire de la part de la ministre de l’enseignement supérieur, elle s’inscrit dans la logique voulue pour réformer l’université, dans la lignée du processus européen de Bologne et de la récente LRU : désengager financièrement l’état, afin de faire en sorte que les entreprises prennent le relais. Ces investissements privés ne pouvant être indolores, il se ferront ressentir à la fois sur le contenu des enseignements et sur les orientations des travaux de recherche.

Pour la fédération SUD Étudiant, il est donc non seulement nécessaire de rejeter cette nouvelle proposition abhérante de Valérie Pécresse, mais de porter collectivement des revendications pour faire en sorte d’aller vers un enseignement public gratuit et de qualité. Cela signifie donc qu’il est nécessaire de :

- garantir une meilleure orientation pour les futur-e-s étudiant-e-s, en augmentant massivement les postes aux concours de l’enseignement et concours de conseillers d’orientation psychologues, étant entendu que la récente « orientation active » n’est en aucun cas une mesure d’orientation, mais bien de sélection sociale

- mettre immédiatement en place un plan de recrutement de personnels dans les universités, et de le pérenniser pour garantir le maintien de ces emplois dans les années qui viennent, ce qui permettra de garantir qu’aucune filière ne soit menacée

- mettre en place de réelles réponses à la précarité étudiante, en allant vers la fin du salariat étudiant contraint : dans l’immédiat, il faut donc une réévaluation des critères de bourse (qui ont récemment été fortement revus à la baisse), afin d’aller vers la mise en place d’un salaire social garant d’une autonomie pour la jeunesse

Pour cela, nous appelons donc les étudiant-e-s à rejoindre massivement la mobilisation unitaire de l’enseignement, dans les manifestations dès le 6 mai. Au delà, il est nécessaire de faire en sorte d’aller vers une organisation collective des étudiant-e-s par des assemblées générales dans les semaines qui viennent.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 2 mai 2008


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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