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Réforme de la licence : aujourd’hui comme demain, SUD-Étudiant lutte contre la sélection sociale

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Le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a lancé une énième réforme de la licence pour la rentrée 2011. Négociée avec les organisations patronales, cette réforme a pour objectifs affichés de lutter contre l’échec en premier cycle et le chômage des jeunes. Les pistes avancées par le Ministère ne feront pourtant qu’accroître la sélection sociale en licence et la précarité à la sortie de l’Université.

Les problèmes qui se posent en licence sont connus : tous les ans, un-e étudiant-e de licence sur cinq sort du système universitaire sans qualification. Ce que le Ministère appelle le « taux d’échec en premier cycle » désigne sous forme euphémisée et chiffrée une réalité crue : la sélection sociale. En effet, ce sont majoritairement les enfants des classes populaires, contraint-e-s de travailler pour financer leurs études, qui se retrouvent ainsi ejecté-e-s sans diplôme d’universités qui n’ont pas su s’adapter à leurs besoins de formation.
Les femmes, majoritaires à l’entrée en licence, sont également de moins en moins nombreuses à l’entrée du master puis du doctorat. Pour SUD-Étudiant, les ressorts de cette sélection sociale sont simples. Il s’agit en premier lieu de la précarité étudiante. L’insuffisance des bourses, les difficultés d’accès au logement, obligent plus d’un-e étudiant-e sur deux à se salarier pendant ses études. Ils/elles consacrent d’autant moins de temps et d’énergie à leur travail universitaire. Le taux d’échec des étudiant-e-s salarié-e-s est ainsi supérieur de 40% au taux d’échec moyen. Ensuite, ce sont les conditions d’études et le manque de moyens qui sont en cause : amphis et TD bondés, places insuffisantes dans les bibliothèques universitaires...
Dans ces conditions, le cours magistral reste la norme, et les méthodes pédagogiques ne permettent pas aux étudiant-e-s de se réapproprier les savoirs. Contre la sélection sociale, SUD-Étudiant revendique donc l’augmentation des bourses et la mise en place d’un salaire social pour tout-e-s celles et ceux qui sont en formation, l’augmentation du taux d’encadrement par la création de postes de titulaires dans l’Enseignement supérieur, et une pédagogie différenciée adapté-e-s aux besoins de chacun-e.

Les projets de Valérie Pécresse sont tout autres. La ministre prévoit de modifier avant la rentrée 2011 l’arrêté licence du 23 avril 2002. Cette réforme est essentiellement négociée avec le MEDEF et la CGPME.
Le projet consiste à généraliser les mesures facultatives du plan « Réussite en licence » lancé en 2007, avec deux axes principaux : l’augmentation du volume d’heures de cours et surtout la professionnalisation des cursus, solution-miracle au chômage des jeunes. Ces mesures ne permettront pas de contrer l’échec en premier cycle, et aggraveront au contraire la sélection sociale et les conditions de travail des personnels.
En effet, on ne voit pas comment les étudiant-e-s salarié-e-s, qui sont justement celles et ceux qui rencontrent le plus de difficultés dans leurs études, pourraient suivre ces heures de cours supplémentaires. Aucun plan d’emploi de titulaires n’est prévu pour permettre que ces heures soient assurées autrement que par des embauches de personnels précaires et/ou par une diminution du taux d’encadrement.
La fausse solution de la professionnalisation procède quant à elle d’une vision à court terme, qui consiste à cadrer le contenu des formations sur les besoins immédiats du patronat. Mais dès que ces besoins auront changé, la formation de ces futur-e-s salarié-e-s jetables se révélera inadaptée. Au contraire, seules des formations disciplinaires de qualité peuvent permettre aux étudiant-e-s d’apprendre à se confronter aux situations multiples qu’ils connaîtront dans leur vie professionnelle, et d’entrer ainsi durablement dans le monde du travail.
La généralisation prévue des stages en licence n’aura également pour but que de fournir une main d’œuvre bon marché aux entreprises. Le gouvernement prévoit aussi de faciliter la sélection à l’entrée en licence, par le développement des filières d’élite telles que les bi-licences. Il s’agit donc, une fois de plus, d’une réforme imposée dans l’urgence qui ne fera que généraliser l’échec qu’elle prétend combattre.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 5 mars 2011


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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