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Réforme de la licence : le ministre fait passer en force son texte au CNESER et s’expose à une vive contestation étudiante à la rentrée

Le 12 juillet, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a fait adopter par le CNESER l’arrêté servant de base à sa réforme de la licence, à une courte majorité de 26 voix pour, 20 contre et 14 abstentions. La quasi-totalité des syndicats et associations de personnels des universités ont boycotté les débats du CNESER pour manifester leur opposition à un passage en force sur la licence. Les organisations étudiantes présentes au CNESER ont voté pour, prouvant une fois de plus qu’elles n’ont de "représentatives" que le nom. En effet, la réforme de la licence représente un danger majeur pour les étudiant-e-s comme pour les personnels et depuis plusieurs
mois les étudiant-e-s s’organisent pour se mobiliser dès la rentrée contre cette réforme, à l’appel notamment des syndicats étudiants de lutte dont SUD-Étudiant.

Certes, l’arrêté dans sa version finale corrige un certain nombre de dérives présentes dans le texte initial proposé par le ministère. Il réaffirme finalement la valeur du grade de licence, supprime
la référence à des parcours diversifiés, garantit la compensation annuelle des notes. Pour autant, ce texte est tout sauf une victoire.

La fédération SUD-Etudiant dénonce l’augmentation du volume horaire, la généralisation du contrôle continu, la « professionnalisation » à courte vue, et l’absence d’avancée sur le cadrage national des diplômes.
L’augmentation du volume horaire et le contrôle continu systématique se feront au détriment des étudiant-e-s obligé-e-s de se salarier pour financer leurs études. Et, sans embauche de personnels titulaires dans les universités, ces mesures signifient l’augmentation du nombre
d’étudiant-e-s en TD, des fermetures de fillières...

Le développement de la "professionnalisation" substituera à des formations disciplinaires, approfondies et qualifiantes un vernis "corporate" pour les futur-e-s salarié-e-s. La généralisation des stages pas ou sous payés en licence et facteurs d’inégalités, ne garantit pas aux étudiant-es de trouver du travail à la sortie de l’université, dans une économie qui ne crée pas d’emplois. Enfin, les
maquettes des diplômes ne sont plus élaborées nationalement depuis 2002, mais proposées par les établissements, mettant les étudiant-e-s de différentes universités en situation d’inégalité et de
concurrence : le nouvel arrêté n’apporte aucune amélioration sur ce point.

Cette « Nouvelle Licence » sera l’occasion pour le gouvernement de faire de nouvelles économies sur le dos des étudiant-es et des personnels.
La fédération Sud Etudiant dénonce les fermetures de filières et l’aggravation des conditions d’étude et de travail dans les universités qui en découleront. En conséquence, la fédération SUD-Étudiant
s’oppose à cette nouvelle licence qui aggravera la sélection sociale à l’université, en éjectera les étudiant-e-s salarié-e-s, et détruira nos diplômes. Elle appelle à une mobilisation d’ampleur des étudiant-e-s et des personnels pour faire reculer le ministère.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 13 juillet 2011


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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