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Stop à la précarité dans tout l’enseignement supérieur !

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Le 8 Février 2010, au CNRS, à eu lieu le rendu du questionnaire
lancé par l’Intersyndicale de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche sur la précarité des personnels de ces domaines. Ce fut
l’occasion également de proposer de premières analyses sur les
résultats de ces questionnaires, et de formuler pour l’intersyndicale
des pistes de solutions.

Le rapport auquel a donné lieu l’enquête menée à partir des
questionnaires, auxquels 4500 personnes ont répondu, constitue un
outil de lutte sans précédent. Il permet de connaître la réalité de la
précarité dans l’Enseignement supérieur et la Recherche, qui était
déjà ressentie par toutes et tous.
Il montre que les personnels précaires de ce secteur sont de plus
en plus nombreux/ses, qu’ils/elles sont précaires de plus en plus
longtemps, et dans des conditions souvent pires que dans le secteur
privé. Il décrit une aspiration générale pour la titularisation de tou-tes
les précaires et pour une véritable politique d’emploi dans
l’Enseignement supérieur et la Recherche publics.
Il est donc évident que les réformes récentes non seulement
n’ont pas amélioré les conditions de travail et les conditions
d’études, mais les ont considérablement aggravé. SUD-Etudiant
salue ce rapport initié par l’intersyndicale de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche, dont nous sommes partie
prenante.
Les doctorant-e-s en particulier composent une grande partie des
précaires de l’enseignement supérieur : faible nombre de thèses
fi nancées (et sur des critères opaques), fi nancement sur des durées
trop courtes pour la réalisation de la thèse, pilotage direct de l’Etat
en fonction des intérêts du moment, utilisation de cette main
d’oeuvre comme une variable d’ajustement destinée à remédier au
manque d’enseignant-e-s et de chercheurs/euses, développement
du travail gratuit...
Il est urgent de remédier à cette situation par une augmentation
considérable du nombre et de la durée des fi nancements de
thèses, et par l’instauration d’un véritable contrat de travail,
moins précaire que le contrat doctoral dit « unique ».
Nous soulignons néanmoins que l’enquête ne permet pas de rendre
visible la précarité des étudiant-e-s. Cette précarité est due à
l’insuffi sance des bourses, à l’absence d’un véritable statut étudiant,
au fait que la moitié des étudiant-e-s sont contraint-e-s de travailler
pour fi nancer leurs études, dans des jobs précaires.
Bien plus, une grande partie des emplois précaires dans
l’Enseignement supérieur est occupée par des étudiant-e-s (emplois
dans les bibliothèques, pour les inscriptions, tutorat, étudiant-e-s de
master dispensant des TD de licence).

Les Universités profi tent actuellement de la main d’oeuvre étudiante pour tirer vers le
bas les conditions de travail, les salaires, les acquis sociaux des personnels de
l’Enseignement supérieur. Nous participons effectivement à la mise en concurrence
des statuts et des postes, puisque nous sommes obligé-e-s de nous salarier pour
continuer à étudier. Ces étudiant-e-s, précaires, travaillant dans les Universités, n’ont
pas répondu au questionnaire, tout simplement parce qu’ils sont trop précaires pour
se considérer comme de véritables personnels de l’Enseignement supérieur.
Ainsi, nous insistons sur le fait que la précarité des personnels de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche ne pourra être totalement
résorbée tant que les étudiant-e-s ne disposeront pas d’un véritable statut et
d’un salaire pour étudier, tant qu’ils continueront à alimenter la demande de
jobs précaires dans les Universités, favorisant contre leur gré la précarisation
et la mise en concurrence de tous les autres personnels. SUD-Etudiant
revendique donc à cet effet la mise en place d’un salaire social pour les
étudiant-e-s. L’augmentation des bourses est un minimum, et doit
s’accompagner d’autres mesures sociales telles que la résorption de la
sélection sociale par l’argent ou le mérite.
Les personnels et les étudiant-e-s de l’Enseignement supérieur sont soumis à des
contraintes fi nancières et administratives de plus en plus fortes, la concurrence
généralisée et la multiplication des emplois précaires étant un moyen de diviser pour
mieux régner. C’est pourquoi il est urgent que la communauté universitaire
s’unisse pour faire sauter le verrou de la précarité, et pour obtenir enfi n que
l’enseignement supérieur soit synonyme de stabilité et de solidarité.
L’intersyndicale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a fait un pas
signifi catif dans ce sens.
La Fédération des syndicats SUD-Etudiant soutient son initiative de
lancer une vaste campagne, le « Printemps des précaires », autour de la
précarité dans ce secteur. Elle dénonce l’attitude du ministère, auquel a
été remis le 16 février dernier le rapport sur la précarité, avec l’exigence
de réponses concrètes avant la mi-mars, et qui préfère attendre les
résultats de sa propre enquête, au mépris de l’urgence de remédier à la
situation et de la validité du rapport de l’intersyndicale.
Le « Printemps des précaires » doit, compte-tenu de l’attitude du ministère,
donner lieu à des mobilisations fortes. Chaque établissement, chaque
catégorie de personnel doit aujourd’hui prendre à bras le corps cette question,
et nous appelons à ce que des réunions publiques soient organisées au
niveau local, pour que des revendications claires soient émises et pour mettre
en place la riposte. Ces mobilisations doivent inclure les étudiant-e-s et les
doctorant-e-s, et prendre en compte leurs besoins propres : un statut et un
salaire pour toutes et tous.
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Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 22 février 2010


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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