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Stratégie nationale de recherche et d’innovation : saviez vous que le nucléaire était une énergie durable !

Valérie Pécresse a dévoilée hier les trois priorités
de la stratégie de recherche et d’innovation pour la
France dégagées au terme de 6 mois de réflexion. Ces
priorités sont : la santé, l’urgence environnementale et
les technologies de l’information. Dans le cadre de ces
trois priorités la ministre a formulée plusieurs exigences
dans lesquelles apparaît la nécessité de faire de la
recherche fondamentale, d’améliorer la maîtrise des
risques comme demande sociétale, de faire de la
recherche un outil de compétitivité économique, etc. Au delà
du pilotage de la recherche par des politicien-ne-s
peu ou pas au fait des enjeux de la recherche actuelle,
les orientations mises en oeuvre par Valérie Pécresse ne
sont consensuelles qu’en apparence.

En effet, surfant sur les effets de mode
politiques, les futurs axes de notre recherche devraient
mêler contradictions et paradoxes cachés derrière un
écran de fumée verte. Par exemple, il est affirmé
l’importance de travailler sur les énergies propres et les
biocarburants mais rien n’est dit sur l’enjeu d’investir
dans les transports collectifs sachant que les transports
individuels participent grandement à la pollution
planétaire. Valérie Pécresse affirme aussi accorder de
l’importance à la maîtrise du risque et aux demandes
sociales concernant l’insécurité environnementale dans
laquelle nous sommes plongés, cependant elle prône en
même temps d’augmenter notre recherche et notre parc
nucléaire pour rester premier dans la compétition
mondiale et avoir une énergie propre et durable ! Et cela
alors qu’une grande partie de la population est opposée
au nucléaire comme en attestent différents sondages et
les manifestations contre l’établissement de centrales
nucléaires en Bretagne la semaine dernière.

Valérie Pécresse nous explique aussi qu’elle
accorde beaucoup d’importance à la nouvelle agriculture
fondée sur les biotechnologies. N’oublions pas que
derrière le grand fourre tout que représente les
biotechnologies sont compris les OGM. Est-il utile de
rappeler qu’indépendamment des dangers que fond peser les OGM sur l’agriculture des pays du sud et sur la majorité
des paysans, nous n’avons que très peu de connaissances sur les risques que font peser les OGM sur l’homme.

Plus globalement Valérie Pécresse cherche à multiplier les
passerelles entre la recherche, quelle soit appliquée ou
fondamentale (et oui le Ministère se rappelle qu’il existe de la recherche fondamentale !) et le monde de l’entreprise. Cependant, il est clair que l’union entre recherche et monde de l’entreprise ne se fait pas sans risques. Dans le modèle d’économie capitaliste, les entreprises ne cherchent pas à aider l’humanité et à faire le bien être de nos citoyen-ne-s mais à faire des profits. Il est donc certain que ce rapprochement ne se fera pas sans contrainte pour la recherche, notamment celle de la rentabilité.

Faible investissement dans les énergies renouvelables mais
sur-investissement sur le nucléaire, volonté d’inciter à la poursuite d’un modèle de société fondé sur le tout-voiture au détriment de toute réflexion sur les transports publics et collectifs, refus de remettre en cause la mondialisation et ses effets environnementaux : voici les objectifs que le gouvernement entend légitimer en
soumettant les chercheurs-euses à ses diktats. La volonté affichée du gouvernement de faire de l’éco-développement, de mener une politique environnementale sans imposer de mesures trop coercitives aux multinationales responsables des nuisances, voile à peine une politique profondément anti-écologiste. Les chercheurs-euses ne doivent pas accepter de mettre leurs savoirs au service de ces orientations capitalistes et anti-écologistes, de même les étudiant-e-s ne doivent pas être formé-e-s pour servir ces intérêts politiques.

Contacts de la fédération : 06 86 80 24 45


le 10 juillet 2009


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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