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À l’EHESS, le 8 mars, pas de liberté d’expression pour les revendications anti-sexistes

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Communiqué signé par :  SLRU-EHESS, SNCS-FSU EHESS, Snesup-FSU EHESS, Sud étudiant EHESS

Comme chacun-e l’a amplement entendu, le 8 mars était la journée internationale des femmes. A cette occasion, Sud étudiant EHESS avait décidé de mener une action afin de rappeler que les discriminations sexistes ne concernent pas que « les autres », mais qu’elles existent aussi dans nos lieux et dans nos pratiques d’études, de travail, de recherche. A cet effet, le 8 mars, des militant-e-s et des étudiant-e-s non syndiqué-e-s ont mis en place plusieurs dizaines d’affiches dans les locaux de l’école des hautes études en sciences sociales. Cet affichage interpellait les étudiant-e-s et les personnels sur les discriminations vécues au sein de l’école. Alors même que Sud étudiant EHESS avait signalé à l’administration que ces affiches seraient retirées en fin de journée, par des étudiant-e-s eux/elles mêmes, l’école a décidé d’arracher sans concertation ces affiches, avant d’adresser un message à Sud étudiant, estimant que cet affichage était « inacceptable » et « abime la peinture des murs » (visiblement, les affiches de colloques « n’abiment pas la peinture »...). Quel est le message de l’administration de l’école ici, est-ce que cela signifie que la peinture est plus importante que les revendications d’égalité hommes/femmes ? Nous aurions espéré un comportement plus raisonnable.

De fait, ces affiches informaient notamment de la proportion de femmes directrices de recherches (à l’EHESS, on comptait seulement 26 femmes parmi les 174 directeurs/trices de recherche, soit 14.9%, ce qui est pire que dans le reste de l’enseignement supérieur où elles étaient 19,7%). Ces chiffres ont été produits par la mission égalité professionnelle hommes/femmes de l’école, dont le rapport est toujours disponible sur internet. On pouvait ensuite lire divers rappels banals, en particulier sur le fait que les lois sur le harcèlement sexuel s’appliquaient partout, les établissements d’enseignement supérieur n’étant pas des zones de non-droits sur ce point.

Or, manifestement, à l’EHESS, ces quelques vérités dérangent puisque l’on n’hésite pas à les passer sous silence en arrachant les affiches, en souhaitant faire taire l’expression syndicale. Au prétexte de protéger une peinture qui, pourtant, semble ne pas être abîmée par d’autres affiches – puisque nous avons constaté que des affiches de propagande religieuse étaient maintenues à quelques mètres des affiches syndicales arrachées !
Cet arrachage est une nouvelle goutte d’eau qui s’ajoute à un climat de méfiance permanent à l’encontre de toutes les initiatives étudiantes : non prise en considération des voix des représentant-e-s étudiant-es, opacité des procédures pour accéder à des salles, absence d’espaces publics d’affichage pour les organisations représentatives, etc. Il est regrettable de devoir, de nouveau, rendre publiques de telles atteintes aux libertés syndicales et aux libertés d’expression pour espérer obtenir des progrès sur des libertés aussi fondamentales.

Les atteintes portées à ces libertés ne sont cependant pas des cas isolées. Elles illustrent amplement un mouvement autoritariste qui s’observe dans de nombreux établissements d’enseignement supérieur : interdiction d’accès à des salles, pressions sur les élu-e-s, etc, se multiplient de manière inquiétante ces derniers mois. Surtout, l’arrachage de l’EHESS a une nouvelle fois prouvé que l’enseignement supérieur restait une institution profondément sexiste et attaché au maintien de privilèges masculins au détriment des femmes, étudiant-e-s comme salarié-e-s. Nous réaffirmons que nous entendons lutter contre cette situation et que nous combattrons aussi contre toutes les mesures qui voudraient nous dissuader de poursuivre cette lutte pour l’égalité.


le 11 mars 2011


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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