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Demi part et APL ou comment précariser encore un peu plus les jeunes

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Communiqué commun
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Le ministre du budget François Baroin a annoncé ses nouvelles mesures de restrictions
budgétaires, qui pénaliseront une nouvelle fois les plus précaires. En effet, les 700 000
étudiant-e-s non boursier-e-s qui bénéficient actuellement d’une aide au logement de la
Caisse d’allocation familiale d’en moyenne 200€ par mois vont devoir choisir entre cette aide
essentielle et la demi part fiscale accordée à leurs parents pour le soutien d’un enfant
étudiant (cas du rattachement).

Les APL sont pour la majorité des étudiant-e-s la seule aide
de l’Etat pour vivre et poursuivre leurs études dans des conditions décentes. Deux
« solutions » sont envisageables. Si un foyer renonce à cette aide au bénéfice de la demi
part fiscale, c’est une dépense supplémentaire de 2 400€ par an que devront assumer les
parents. Si au contraire, l’étudiant-e conserve ses APL, ses parents devront au minimum
s’acquitter de 587€ supplémentaires sur leur impôt sur le revenu (calcul sur la base d’une
famille de 3 enfants dont un étudiant).
Aujourd’hui, le montant moyen des bourses s’élève à 150-180€ mais 70% des étudiant-e-s
n’en bénéficient pas. Ce système truffé d’insuffisances condamne la moitié des étudiant-e-s
à travailler pour financer leurs études avec tout ce que cela comporte (emplois du temps
surchargés, échecs et abandons pour seules raisons financières).

Plus largement, ce sont les conditions de logement des étudiant-e-s qui sont catastrophiques
 : seulement 160 000 logements en cité universitaire pour 2,2 millions d’étudiant-e-s sur toute
la France ! Cette situation est inacceptable parce que le logement est actuellement basé
quasi exclusivement sur l’offre privée, qu’elle place les étudiant-e-s dans des situations de
précarité et d’extrême dépendance vis-à-vis de leur famille. Ensuite parce qu’elle implique de
profondes inégalités qui sont loin d’être comblées par les mesures gouvernementales. Les
mesures annoncées par le gouvernement vont aggraver les inégalités devant les études, les
enfants de parents modestes devront travailler et/ou étudier moins !

Actuellement pour la plupart des étudiant-e-s, l’habitation est le premier poste budgétaire
(environ 60%). Sud étudiant condamne la politique d’austérité du gouvernement et continue
de revendiquer la construction massive de nouveaux logements publics et la rénovation à
grande échelle des cités universitaires délabrées.
Dans ce contexte de précarité rampante, de réforme des retraites, de chômage dans toutes
les catégories de la population, cette annonce sonne comme une énième provocation de la
part d’un gouvernement qui s’acharne contre la jeunesse et les plus démunis.

Si le ministère
du Budget nous explique que « le principe du non cumul entre aide fiscale et aide sociale est
arrêté », mais que les modalités « sont encore à définir », chacun aura compris que les
mesures visent à restreindre les droits. L’heure n’est pas à la discussion sur les modalités
mais au maintien de ces dispositifs qui, à l’heure actuelle, ne suffisent déjà pas toujours.
Contrairement à ce que fait le gouvernement, vouloir sortir de la crise, c’est investir dans
l’avenir, ce qui passe par des moyens en faveur des étudiants.


le 18 juillet 2010


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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