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Sur la limite d’âge pour le recrutement de vacataires

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CP SUD-FSE sur la fin de la limite d age des vacataires-
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Dans un courrier du 13 septembre 2012, le Défenseur des droits, Dominique Baudis, a indiqué que la limite d’âge (28 ans) pour le recrutement d’agents temporaires vacataires devrait être abrogée par le ministère de l’enseignement supérieur début 2013. S’il faut se réjouir de la suspension de cette mesure discriminatoire, cette décision intervient dans un contexte social et politique qui rend sa portée inquiétante. En effet, les vacations sont des contrats extrêmement précaires, pour lesquels seules les heures de présence en salle de cours sont rémunérées. De ce non-statut légitime découle tout un travail gratuit assuré par les doctorant-e-s et jeunes docteur-e-s : la préparation des cours, le suivi des étudiant-e-s, les réunions, etc., ne sont pas rémunérés. Ce non-statut n’ouvre pas de droits sociaux (sécurité sociale notamment). Tous ces faits ont été documentés par l’enquête sur la précarité réalisée par l’ensemble des organisations syndicales de l’enseignement supérieur en 2011 (1) .

Malgré cela, dans un contexte de supposée « refondation » de l’université, le gouvernement ne prévoit aucune campagne de recrutements dans ce secteur, ni même de résorption de l’emploi précaire lié aux vacations – le vote du budget 2013 et le pacte budgétaire laissant présager le contraire. Alors que les « Assises de l’enseignement supérieur » se déroulent actuellement, les premières déclarations de la ministre n’augurent pas d’une volonté politique tangible de combattre la précarité.

Ces vacataires remplissent pourtant une fonction essentielle pour le fonctionnement quotidien de l’université, notamment pour accompagner et encadrer les étudiant-e-s de premier cycle. Ce sont eux/elles qui sont le plus souvent en contact avec ces étudiant-e-s en assurant les TD. La « réussite des premiers cycles » (qui est présentée comme une priorité par les gouvernements successifs) repose donc sur les personnels au statut le plus précaire. Une volonté politique réelle d’assurer cette « réussite des premiers cycles » devrait donc conclure la fin de cette précarité des personnels qui assurent les enseignements du premier cycle : cette volonté n’existe pas actuellement.

Les bonnes intentions proclamées (la « réussite des premiers cycles ») ne résistent donc pas aux orientations réelles, qui vont dans le sens d’une extension des mécanismes de précarisation des personnels au sein de l’enseignement supérieur. Cette précarisation doit être dénoncée à la fois comme une exploitation récurrente des doctorant-e-s et comme une atteinte à la qualité des enseignements dispensés. La suspension de l’âge limite pour les vacations ne constituera réellement une bonne nouvelle qu’au moment où les actrices et acteurs de l’université obtiendront un réel plan de résorption de l’emploi précaire, en transformant les postes de vacataires en emplois rémunérés pour l’ensemble des tâches accomplies, lié à un statut ouvrant des droits sociaux.

Il faut ajouter que si cette suspension de l’âge limite pour les vacations est aujourd’hui accueillie comme une bonne nouvelle, c’est au regard de la situation désastreuse du financement des thèses, notamment en Sciences humaines et sociales. Les candidat-e-s aux vacations sont en premier lieu les doctorant-e-s dont la thèse n’est pas ou plus financée, en raison du faible nombre de bourses et contrats doctoraux, et de leur durée insuffisante pour mener à bien la réalisation et la soutenance d’une thèse. Les vacations constituent pour ces doctorant-e-s une source privilégiée de revenus, alors même qu’en les cumulant ils parviennent rarement à atteindre le montant d’un salaire minimum.

(1) Voir le rapport publié sur le site de SUD-Étudiant : http://www.sud-etudiant.org/materiel/rapports/article/enquete-sur-la-precarite-dans-l, et l’ouvrage qui en est issu : Collectif P.É.C.R.E.S, Recherche précarisée, recherche atomisée. Production et transmission des savoirs à l’heure de la précarisation, Paris, Raisons d’Agir, 2011, 160 pages.

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le 18 novembre 2012


Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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