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Assemblée Générale Contre la loi Fioraso Mardi 9 Avril 13h

Mobilisation contre la loi Fioraso :

AG le 9 avril à 13h

En bas des escalators du bat.A (précédée d’un repas à partir de 11h dont les bénéfices reviendront à la caisse de grève)

Dès 2007, la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU ou loi Pécresse), a largement inquiété puis mobilisé étudiant-es, personnel-les et professeurs. L’actuel gouvernement s’était engagé à revenir sur cette loi qui abaisse l’université au fonctionnement d’une entreprise, ne fait que l’aggraver. En effet, la nouvelle loi Fioraso ne revient pas sur les principales dispositions de la LRU dont la très décriée « autonomie budgétaire ». Il s’agit de remettre aux universités la gestion financière de leur fonctionnement (gestion des salaires internes et des appels d’offres des sociétés privées). On voit bien ici la volonté d’extraire l’université de son cadre public. À l’échelle locale, les conséquences sont immédiates : des heures de cours sont par exemple supprimées pour combler le déficit budgétaire. La moitié des universités actuellement passées à l’« autonomie » sont en déficit. Pour les autres ce n’est qu’une question de temps.

Ne nous y trompons pas, cette loi s’intègre dans une logique économique néo-libérale. La nouvelle mission fixée à l’université consiste à transférer les résultats de la recherche vers le monde socio-économique (article L 123-5). Les conséquences de ce projet, nous les voyons déjà : plus de précarité, plus d’inégalités, plus de contraintes. En effet le secteur privé en s’insinuant dans le fonctionnement des universités, va orienter la recherche sur le court terme et privilégier les domaines les plus rentables, à savoir ceux qui intéressent les entreprises et le secteur privé. La recherche pour la recherche ne sera plus possible. Sera-t-il possible pour un chercheur de critiquer dans le cadre de son étude la main qui le nourrit.

Nous ne pouvons pas accepter ça. Les promesses de l’excellence et de la professionnalisation ne mèneront qu’à mettre en concurrence les étudiant-e-s selon les besoins fluctuants des entreprises. De l’autre côté on nous propose les 3 premières années de la licence comme le prolongement du lycée : une baisse des matières disciplinaire face à une augmentation des enseignements généraux sur le modèle du lycée et ce, avec le même niveau de professionnalisation qu’en terminal. Beaucoup de formations, à cause de l’autonomie des université ne pourront de toute façon plus être financées et disparaîtront du « marché de la connaissance ». Cette même autonomie mettant fin au cadrage national des diplômes, reviendra en fait à rendre les universités ou les futurs grands pôles en concurrence. Aucun diplôme ne pourra plus être jugé équivalent à un autre. Les diplômes n’auront plus qu’une valeur temporaire face à une offre d’emploi elle aussi temporaire. Une université flexible pour un salariat ultra-mobile et précarisé, voilà ce qui nous attend.

Reproduction du Tract diffusé sur l’université

Aujourd’hui déjà la représentation démocratique à l’université est dérisoire : élections biaisées, aucune concertation de la communauté dans son ensemble, aucun débat, aucune voix dissidente tolérée. Le projet de loi aggrave cette situation. Déjà dans les conseils actuels il y a des personnalités extérieures élues par les conseillé-es, dont la vocation principale est de ne pas siéger et de fournir un réservoir de voix à la tendance majoritaire. Avec la nouvelle loi, ces personnalités seront désigné-es par le recteur au CA. Leur nombre est augmenté. L’une de ces personnalités sera forcément un représentant des organisations patronales ! Ce processus n’est pas irréversible, dans d’autre pays comme au Canada, des lois similaires ont été bloquées par une organisation massive et organisée.

Depuis la fin février une vingtaine d’universités se mobilisent contre ce projet de loi.

Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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