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Repas de soutien aux étudiant-es turcs emprisonnés.

Le texte de l’Initiative :

Solidarité avec les étudiant-es emprisonné-es en Turquie !

Ainsi que l’indique dans ses rapports l’Association des Juristes Contemporain-es (Cağdas Hukukcular Derneği - ÇHD), il y a actuellement plus de 600 étudiant-e-s emprisonné-e-s en Turquie.
Au côtés des étudiant-e-s, se sont aussi des député-e-s, maires, conseiller-e-s régionaux et municipaux, militant-e-s politiques et associatifs du mouvement kurde, écrivain-e-s, journalistes, défenseurs des droits humains, avocat-e-s, syndicalistes, et universitaires, qui sont détenu-e-s sans aucune preuve digne de ce nom, privé-e-s de leur liberté dans un processus juridique dont personne ne peut prédire la fin.

La plupart de ces arrestations et détention arbitraires sont faites sous le couvert des lois anti-terroristes, (Terörle Mücadele Kanunu – TMK).
En effet, les lois anti-terroristes dont sont dotés un certain nombre de pays européens dont la France, sont, en Turquie, utilisées de manière large comme un moyen de répression de l’opposition et des mouvements sociaux. Ainsi, le gouvernement AKP (parti islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002), qui perpétue en les durcissant les politiques répressives envers les mouvements sociaux et le mouvement kurde, menées par l’Etat turc depuis le coup d’Etat de 1980, élargissant et rendant plus vague encore la définition du terrorisme, utilise cette loi pour procéder à des arrestations et emprisonnements massifs dans l’opposition politique kurde et le mouvement social.

En stigmatisant comme « terroriste » n’importe quel genre d’opposition sociale et d’action politique, l’État essaie de légitimer auprès de l’opinion publique, la répression exercée contre le mouvement social et les droit d’organisation, de rassemblement, d’expression, etc.

Dans ce pays, être contre les politiques néo-libérales appliquées depuis les années 1980 et durcies par le gouvernement AKP, ou soutenir le mouvement kurde, suffit pour se voir privé de liberté.
Dans ce contexte, aujourd’hui en Turquie, les étudiant-e-s peuvent être emprisonné-e-s parce qu’ils sont kurdes et/ou ont des appartenances réelles ou supposées avec le mouvement kurde, parce qu’ils sont membres d’un parti/syndicat, pour avoir protesté contre le prix de la cantine en boycottant, pour avoir participé à des manifestations légales comme les meeting du 1er mai, 8 mars, parce qu’ils luttent pour des droits fondamentaux comme la gratuité de l’enseignement, le droit à l’enseignement dans la langue maternelle, le droit au logement, à la santé, les transports.

La grande majorité des étudiant-es emprisonné-es sont kurdes. Pour l’Etat turc depuis des années, être kurde, soutenir le mouvement kurde est considéré comme équivalent à être terroriste.
L’AKP, qui ne ressent même pas le besoin de présenter des preuves pour légitimer ces opérations de répression, perpétue de nos jours la terreur d’État, avec des accusations que l’on pourrait qualifier de « comique » si elles n’avaient pas comme conséquence d’envoyer des milliers de personnes en prisons.

Voici le genre de « preuve » que l’on peut trouver dans les actes d’accusation des près de 600 étudiant-es emprisonné-es pour appartenance à une organisation terroriste :
- Mots en kurde contenus dans des mails ou prononcés lors de conversation téléphoniques ;
- Porter un keffieh ;
- Des notes de cours ou certains livres (Tolstoï « Guerre et Paix ; Marx, « Le Capital ») ou films (Lars Von Trier « Dancer in the Dark ») trouvés lors des descentes de police dans les maisons ;
- Factures d’eau, bâtons en plastique pour drapeau, sparadrap, parapluie, cerf volants ;
- Citron et œufs trouvés lors des fouilles ;
Des mots ou phrases qui figurent dans les conversations téléphoniques ou dans les courriers électroniques sont arbitrairement qualifiés par la police comme étant éléments de communication organisationnelle à des fins terroristes. Toute manifestation corporelle ou langagière, telles qu’une adhésion à un parti politique, le boycott de la cantine universitaire, la participation à un meeting ou à un communiqué de presse ou encore la revendication d’un enseignement gratuit, est sujette à investigation.

Les étudiant-e-s qui ne sont pas emprisonné-e-s, se retrouvent privé-e-s de leur droit à l’enseignement par divers moyens de pression et sanctions, comme des exclusions temporaires ou définitives par les conseils de disciplines des facultés, le harcèlement policier, les gardes à vues.

Le tableau inquiétant qui ressort après des années de politiques répressives et d’intimidations appliquées de manières minutieuses et zélées par le pouvoir AKP, accompagnés de discours sur la « démocratie avancée », montre la nécessité d’entrer en action :
- Dans le monde, le nombre de personnes accusées de terrorisme est de 35 117 ;
- 37% de ces personnes se trouvent en Turquie où 12 897 personnes sont accusées d’une manière ou d’une autre d’être « membre d’une organisation terroriste » ;
- Dans le cadre des opérations menées contre le mouvement kurde depuis 2009, il y a eut près de 10 000 gardes à vues. Aujourd’hui, plus de 6 500 membres actifs du parti kurde légal sont toujours en prison, de même que plus de 100 journalistes, près de 1000 avocat-es, académicien-ne-s, écrivain-ne-s, éditeurs, et 40 syndicalistes.
En tant qu’étudiant-es de Turquie nous trouvant en France, nous ne restons pas silencieux devant ces emprisonnements et d’où que nous soyons, nous soutenons les luttes menées contre ces emprisonnements et pour la libération des étudiant-e-s (et des autres !) emprisonné-e-s .

Nous croyons à la nécessité de la lutte contre les pratiques répressives et antidémocratiques du gouvernement turc, présenté ces derniers temps comme un « modèle démocratique » dans l’opinion publique internationale, et spécialement aux pays du printemps arabe.
Dans cette lutte, nous attendons votre soutien.

Abrogation des lois antiterroriste en Turquie et ailleurs !

Abolition des tribunaux spéciaux !

Libération des étudiant-e-s emprisonné-e-s et de tou-te-s les prisonnier-e-s politiques !

Initiative de Solidarité avec les Etudiant-e-s emprisonné-e-s en Turquie

Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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