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Texte proposé à la lecture lors d’une occupation de C.A.

Nous sommes des étudiant-es et des personnels – ainsi que quelques observateurs extérieurs (journalistes, élus) – inquiets de l’ordre du jour de ce conseil. Nous sommes ici pour nous assurer de plusieurs choses et porter un certain nombre de revendications :

1/ Tout d’abord, nous sommes ici pour nous assurer que le compte rendu du conseil d’administration du 11 mai, dont l’adoption est à l’ordre du jour d’aujourd’hui, soit conforme à ce que nous y avons observé. En effet, nous sommes nombreux ici à avoir été sur place à ce moment là et à pouvoir amender ce compte rendu. Le fait que la séance n’ait pas été suspendue mais levée par le président nous semble un point important, ou le fait que aucune séquestration ou aucun danger n’ait pu justifier l’intervention de la police dans nos murs également (une intervention qui devrait elle-même figurer à ce compte rendu, ainsi que les violences et les arrestations arbitraires auxquelles elle a donné lieu).

2/ Ensuite, nous sommes ici pour porter un certain nombre des critiques qui ont émergé dès la réunion des six conseils du 3 mai et qui ont été reprises ensuite dans différents conseils (CS, CEVU, CT, CUFR) et dans les assemblées générales du 10, 14, 18 et 22 mai. Ce projet fait débat et il suscite des inquiétudes fortes tant sur sa forme que sur son fond. Du point de vue de sa forme le nom du projet lui même, mais aussi la répartition du pouvoir en son sein (1/3 de membres élus), la provenance et les usages des ressources financières (ambiguïté sur la part du privé et sur la part du public, sur les frais d’inscriptions) ou encore sur la liberté totale de gestion du patrimoine immobilier, ou les diplômes quasi-privatisés qui pourraient émaner de ce PRES, sont des vices contenus dans les statuts actuellement discutés pour lesquels aucun amendement n’a été possible. Du point de vue de son fond, la peur que ce PRES devienne à terme une institution peu démocratique et élitiste qui vienne concurrencer Paris 8, la vider de ses forces, voire faire disparaitre notre université et son identité, s’est également exprimée et ne semble pourtant pas avoir suscité de réponse ni d’engagement clairs.

3/ Troisièmement, nous sommes là pour nous assurer que ce conseil ne vient pas confirmer l’adoption du projet de PRES sans que le temps pour un débat avec l’ensemble de notre communauté ne soit pris pour discuter du projet que nous voulons tous avoir pour Paris 8. En effet, les conseillers ici présents touchent à la fin de leur mandat et il est tout à fait raisonnable de leur demander de ne pas engager à long terme notre université avant que les nouveaux conseillers ne prennent siège et, surtout, avant que les projets que nous voulons avoir pour Paris 8 ne fassent consensus dans toute notre communauté. De tels conseillers ne devraient se soucier que des affaires courantes (certains conseillers actuels le souhaitent d’ailleurs). Nous croyons urgent qu’une consultation large se fasse, sur la base de la transparence quant aux besoins actuels de notre université et aux finalités et impacts potentiels d’un PRES. Un débat est nécessaire, c’est le seul moyen de laisser toute sa place à la libre critique du fond et aux amendements de la forme. Nous revendiquons donc ici l’organisation d’états-généraux de Paris 8 qui doivent aboutir à la formulation d’un projet en partage.

4/ Enfin, du point de vue de la démocratie dans notre université, nous sommes venus ici pour demander, en le justifiant, la démission de M. Pascal Binczak de son poste de président. Ça n’est pas une mesquinerie vengeresse que de demander cela, mais la demande d’une sanction tout à fait normale en démocratie. Comme tout mandaté dont l’action est réprouvé par ses mandants, le président d’une université doit se remettre en question quant la contestation de celle-ci se fait entendre. Depuis la gestion calamiteuse du problème d’APOGEE, jusqu’à la fermeture arbitraire de Paris 8 pour empêcher la tenue d’un colloque portant sur la question Israëlo-Palestinienne, la politique de M. Pascal Binczak a été très fortement remise en question. Mais l’intervention brutale de la police le 11 mai, sous le prétexte fallacieux de la séquestration, pour pouvoir tenir coûte que coûte un conseil d’administration contesté (sur 7 points litigieux en tribunal administratif) fait passer cette présidence du critiquable au condamnable. Une démission, même en fin de mandat, serait un geste symbolique qui laisserait (peut-être) de M. Pascal Binczak le souvenir d’une trace de normalité démocratique plutôt que de l’obstination pathologique.

Néanmoins, si aucune de ces revendications n’étaient entendues et satisfaites, nous nous verrions nous-mêmes obligés de faire un écart avec la normalité. Nous considérerions alors que les instances décisionnelles de l’université sont illégitimes pour prendre les bons choix pour Paris 8, car les conseils représentatifs sont, comme vous le savez, des moyens de la démocratie et pas sa fin, et nous en appellerions à la désobéissance civile pour que plus aucun conseil d’administration ne puisse se tenir dans des conditions normales et que ce soient les usagers eux-même qui décident de la manière de faire vivre cette université.

Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes

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