Le mouvement social lycéen et étudiant doit être le début d'un large mouvement social ayant pour but la victoire de notre classe

Depuis maintenant une semaine, un mouvement social lycéen a pris place dans notre pays. Ce dernier est né des conditions d'étude des lycéen⋅nes, en particulier des lycéen⋅nes de banlieues. Ce mouvement demande de meilleurs moyens dans l'entretien des bâtiments, plus de personnel, une réduction du temps de cours et l'abrogation de la loi adultiste sur l'usage des téléphones au lycée. Face à ce mouvement lycéen, le gouvernement n'a eu comme seule réponse, et cela dès le début, une répression des plus violentes des lycéen⋅nes. Plusieurs dizaines de lycéen⋅nes sont donc déjà blessé⋅es grièvement et plusieurs milliers ont fini dans les cachots des commissariats où on ne peut que se douter du type de violence que de jeunes personnes peuvent subir de la part de la police. En cours de semaine, les étudiant⋅es ont rejoint le mouvement pour défendre beaucoup de revendications communes avec les lycéen⋅nes, notamment sur le manque de moyens.
La plupart des organisations syndicales lycéennes, étudiantes et professionnelles appellent à amplifier ce mouvement pour mardi 6 octobre où plusieurs grandes manifestations sont organisées un peu partout en France. Certains de ces syndicats appellent aussi à la grève des travailleur⋅euses. Nous nous joignons à cet appel. Mais le mouvement social lycéen et étudiant ne pourra avoir le poids qu'il souhaite avoir, c'est-à-dire changer nos conditions de vie, sans que les travailleur⋅euses, qui eux ont le rapport de force économique dans leurs mains, se joignent à nous. Cela ne veut pas dire substituer le mouvement social lycéen et étudiant par un mouvement social de travailleur⋅euses, mais faire naître son propre mouvement social qui soit parallèle et en interaction avec celui des lycéen⋅nes et étudiant⋅es : qui devra porter ses propres revendications.
Nous appelons pour ça à ce que les syndicats professionnels lancent des mouvements de grèves reconductibles, les grévistes doivent venir en soutien aux lycéen⋅nes et aux étudiant⋅es, mais iels doivent aussi et surtout investir leur lieu de travail. C'est là-bas que le travail le plus important a besoin d'être fait. Si ces grèves lycéennes, étudiantes et professionnelles arrivent à s'inscrire dans le temps et la masse, elles devront initier un processus de grève générale expropriatrice. Tout progrès social que les travailleu⋅euses obtiendront sera un progrès social pour les lycéen⋅nes et les étudiant⋅es qui sont des travailleur⋅euses en formation et qui demain bénéficieront, elleux aussi, de ces progrès.
Nous avons une fenêtre qui s'ouvre, personne ne peut savoir ce qu'il en adviendra, comme personne ne se doutait il y a deux semaines que nous serions là à ce jour. Mais il est hors de question de laisser filer cette opportunité de voir triompher notre classe sociale. Quant à l'aristocratie syndicale, nous ne pouvons pas lui faire confiance, ce mouvement social est et doit rester celui de la base, qu'elle soit syndiquée ou non. Nous appelons à ce que soit aussi portées des revendications générales de réduction du temps de travail, chez les lycéen⋅nes, chez les étudiant⋅es et chez les travailleur⋅euses et de création d'un service public puissant, de classe et autonome de l'État, qui est un outil de la bourgeoisie.
Le syndicat est un outil des masses, il doit préfigurer l'organisation de la production, une organisation démocratique et dans l'intérêt de notre classe et de l'humanité. Nous encourageons tous⋅tes les travailleur⋅euses, lycéen⋅nes et étudiant⋅es qui veulent se joindre à ce projet révolutionnaire à se syndiquer.