Répression et révolte populaire

Depuis plusieurs semaines, nous sommes mobilisé·es partout en France pour défendre nos conditions d'études et de vie, contre la précarité et pour un avenir qui ne soit pas fait d'exploitation et de misère.
Face à cette révolte, l'État répond par une répression toujours plus forte : interdictions de manifester, arrêtés préfectoraux, fermetures administratives, CRS, GIGN, BRI, RAID, hélicoptères, drones, lacrymogènes, grenades GM2L, LBD ...
Bref tout l'arsenal politique et répressif de l'Etat
La révolte de notre classe fait peur à l'État : ne lâchons rien !
Malgré cette répression, nous étions toujours aussi nombreux-ses dans la rue le 24 octobre.
Et même si l'euphorie révolutionnaire n'est pas égale dans toutes les villes, la journée d'hier peut servir de marche pied pour repenser nos stratégies et aller plus loin lors des prochaines journées de mobilisation notamment celles du 31 octobre et 5 novembre !
A Paris, le pouvoir a confiné le cortège a une très longue randonnée encadrée par sa milice, dans une volonté manifeste d'étouffer la mobilisation.
A l'inverse, dans d'autres villes comme à Montpellier, l'interdiction totale des manifestations n'a pas empêché la colère de s'exprimer : elle a au contraire contribué à faire émerger un élan populaire de manifestations sauvages partout dans la ville !
Les réformistes se cachent derrière des interdictions et des déclarations qui limitent la colère populaire à des tracés prédéterminés, qui ne dérangent rien ni personne si ce n'est les manifestant·es transformé·es en randonneur·euses.
Nous n'avons pas besoin d'attendre la validation bourgeoise pour descendre dans la rue !
Manifestons comme nous le voulons, avec tous les moyens d'action à notre disposition !
Depuis des dizaines d'années, les manifestations encadrées se succèdent et nous voyons bien le résultat aujourd'hui : le syndicalisme de lutte reste minoritaire, nos revendications ne sont pas entendues et on cantonne notre expression aux prochaines échéances électorales.
Ces élections qui ne sont que l'expression d'une démocratie bourgeoise, qui ne représente finalement que les intérêts de la bourgeoisie.
Pendant que certains préfèrent se préparer pour la présidentielle, nos conditions de vie et d'études continuent de se dégrader.
Un·e étudiant·e sur deux saute des repas, les loyers explosent et un-e étudiant-e sur 10 est SDF, les bourses ne permettent pas de vivre et nos établissements manquent de moyens.
Dans les lycées comme dans les universités, nous subissons des dizaines d'années de politiques d'austérité, une sélection sociale et raciste, la dégradation continue de nos formations et la précarisation de nos conditions d'études.
Notre révolte est celle de celleux qui refusent de devoir choisir entre manger, se loger et étudier !
Nous exigeons des moyens massifs pour l'éducation, à commencer par les 10 milliards d'euros supplémentaires revendiqués par le mouvement !
Nous revendiquons la gratuité réelle de l'enseignement, l'abrogation de Parcoursup et de la sélection à l'université, la fin des frais d'inscription différenciés pour les étudiant·es étranger·es, une augmentation immédiate des bourses et leur extension à toutes et tous, ainsi que des logements et des repas accessibles à toustes.
Nous voulons pouvoir étudier et vivre dignement, sans dépendre de notre famille ni devoir nous épuiser dans des emplois précaires !
Nous ne nous faisons aucune illusion : ces revendications, aussi élémentaires soient-elles, nous ne les gagnerons pas en attendant sagement que le gouvernement nous écoute car seule la lutte pourra nous les apporter !
La réponse ne viendra pas d'en haut : Élu-es, réformistes, pacifistes, sociaux-démocrates et autres sont des ennemis de notre classe.
Nous ne pouvons plus nous contenter de journées de mobilisation isolées, sans perspectives ni lendemain. Organisons-nous par la base, dans des assemblées générales souveraines, décidons collectivement de nos stratégies et de nos moyens d'action !
Il n'est plus l'heure de reculer face aux CRS, L'État n'a pas tremblé devant vingt ans de manifestations pacifiques, mais il commence enfin à s'inquiéter lorsque la jeunesse s'organise, bloque ses établissements et s'attaque aux intérêts économiques.
C'est bien la preuve que nous sommes sur la bonne voie : amplifions les blocages des lycées, universités, gare, aéroports, ronds-points, commerces, lieux de pouvoirs.... construisons la grève et avec les travailleur·euses mettons un coup d'arrêt à l'économie capitaliste pour obliger le gouvernement à nous entendre !
Enfin, comment parler du 24 octobre sans revenir sur la répression qui l'a accompagné ?
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, se félicitait de plus de 1 000 interpellations, contre 300 la semaine précédente.
Plus que jamais nous exigeons la libération de toustes nos camarades interpellé·es et n'arrêterons pas tant que nos camarades ne seront pas toustes amnistié·es et relâché·es, liberté pour toustes les camarades réprimé·es !
Face à la répression, à la précarité, notre réponse reste la même : l'organisation collective de notre classe !
OÙ EST CE QU’ON VA ? AU COMBAT !
QUELLE ARME ON A ? LE SYNDICAT !
DE LUTTE, DE CLASSE ET AUTOGESTIONNAIRE